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Hommage national : tous les Français ne sortiront pas un drapeau

Publié le:27-11-2015 21:34  Sources:Le Monde

Jour de marché à Aubervilliers, jeudi 26 novembre. Ahmed, la trentaine, profite du soleil en terrasse. Il préférerait siroter son expresso plutôt que de discuter du symbole bleu-blanc-rouge. D’ailleurs, ça tombe sous le sens : « Bien sûr, je mettrai un drapeau à la fenêtre. Pour penser à eux. » Pas de problème logistique en vue, il a déjà le sien à la maison.

Comme François, originaire de RDC, et dont les vêtements frappés aux couleurs du PSG laissent deviner une grande affection pour le foot : « Des drapeaux, j’en ai déjà trois ! À cause des matchs, évidemment. »

Les Français ont été invités par François Hollande à « pavoiser » leur « lieu d’habitation avec drapeau bleu blanc rouge, les couleurs de la France », pour participer, vendredi 27 novembre, à la journée d’hommage national aux victimes des attentats du 13 novembre.

« Ça a pris du sens »

Pour ceux qui fréquentent peu les rencontres sportives, encore faut-il avoir un drapeau à portée de main. Nassima, une jeune maman souriante née en Algérie, se satisfait à l’idée d’en dessiner un sur du papier. « Cela fera une activité pour les enfants ! » Elle reprend, plus sérieuse : « Avant, on s’en fichait, ce n’était ni plus ni moins qu’un drapeau. Mais maintenant, ça a pris du sens, cela montre qu’on est solidaires de ceux qui sont morts. »

Zora, originaire du Maroc, ses deux filles, Siam et Sarah, n’ont pas de drapeau chez elles, mais sinon, elles l’auraient mis à la fenêtre sans hésiter. Un vieux monsieur demande, l’air inquiet : « Vous croyez qu’on peut en trouver dans le commerce ? » Pour les démunis, le site du gouvernement propose également d’imprimer un drapeau chez soi.

D’autres se méfient un peu de l’objet, « politique » et « nationaliste », mais aussi du geste « voulu par le pouvoir ». Deux consultants interceptés sur la route du déjeuner sont franchement contre. « Je ne suis pas nationaliste à ce point », s’indigne Laurence, faisant référence au débat sur le symbole bleu-blanc-rouge, qui connaît un retour en grâce après avoir été approprié par le Front National pendant un temps.

Frédéric ajoute : « Je trouve que c’est une drôle d’idée. Ce n’est pas le 14 juillet ! » Philippe, agent immobilier à Aubervilliers, estime lui aussi que ce n’est pas le bon symbole, car « ce n’est pas la France qui est attaquée, mais la démocratie. »

« Le drapeau français, c’est le nôtre, point barre »

Devant le Bataclan, où l’attaque terroriste du 13 novembre a fait 89 morts, les avis divergent encore, même si l’émotion est plus forte autour de ce mémorial improvisé sur le trottoir. Joëlle et Michel, venus spécialement du Val-d’Oise pour se recueillir « place de la République et sur les lieux des attentats », ont déjà acheté trois étendards. Un pour eux et deux pour les enfants.

Michel ne comprend pas que l’on puisse en discuter : « Le drapeau français, c’est le nôtre, point barre. Il n’appartient pas au FN, ni à François Hollande, il est à nous. »

Nombreux sont ceux qui tiennent à préciser que « ce n’est pas parce que Hollande le demande » qu’ils pavoiseront la fenêtre. Une façon de dire que, même s’ils n’aiment pas beaucoup le président, ils n’ont pas la tête à discuter politique.

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